Mendiani

Par Julien-Comtet, 17 décembre 2012

Nom du rythme : Mendiani

Région d’origine : Pays malinké (Sud-ouest du Mali, Nord-est de la Guinée)

 

« Danse annuelle ou bisannuelle organisée pendant la saison sèche, le mendiani peut aujourd’hui être joué pour les grandes fêtes annuelles que sont la Tabasky, le Ramadan ou la pêche rituelle dans la mare sacrée. Cette danse est pratiquée par des jeunes filles vierges âgées de 7 à 14 ans, choisies dans le même groupe d’âge sans distinction de caste. Ces dernières sont d’ailleurs nommées mendiani et reçoivent un enseignement particulier de la part d’une ancienne mendiani qui les initie à certains secrets, les encadre et leur apprend à danser et à chanter. Le tempo de ce rythme est soutenu et les pas de danse sont nombreux et acrobatiques, c’est pourquoi elles doivent les apprendre préalablement. […]

mendiani

A l’occasion d’une fête mendiani, on va chercher les fillettes (qui sont généralement au nombre de deux ou de quatre dans certaines régions) chez leur marraine et des jeunes hommes particulièrement forts les portent sur leurs épaules jusqu’à la place publique. Chaque danseuse a son porteur attitré qui est chargé de l’emmener parader et de la soutenir dans ses acrobaties. Elles sont cagoulées ou masquées et portent des costumes en perles multicolores, des clochettes aux chevilles et une queue de vache à la main (koussi). Chaque groupe a sa porteuse de louche-sistre, une assistante qui sert d’intermédiaire lorsque l’on veut s’adresser aux danseuses et que l’on appelle lafé dans le Mandé occidental. Cette procession est soutenue par un rythme qui varie en fonction des régions (on joue le diamaseri à Kangaba, le dénadon à Siguiri…). Une fois les fillettes débarrassées de leur grand costume (elles dansent parfois torse nu seulement vêtues d’un pantalon cramoisi orné de cauris), les batteurs engagent le mendiani et la danse commence. Dans certaines régions, on joue le toumoutchi à la fin du mendiani pour raccompagner les danseuses, puis la fête est finie (cet ancien rythme tend à disparaître). En Haute-Guinée, il existe une version différente du mendiani appelée « boundiané ».

A Kangaba, la danse de jeunes filles qu’est le mendiani accompagne le rituel de la mare sacrée. […] Marquant le passage de la saison chaude à la saison des pluies, cette pêche rituelle annuelle dans l’étang habité par les génies tutélaires du village représente un événement singulier, dans la mesure où il est le seul dans l’année à réunir des représentants des deux sexes dans une activité commune. […]

A Bamako, cette danse a connu une grande popularité il y a quelques années, mais elle est aujourd’hui un peu délaissée au niveau des mariages et autres animations de rue. En outre, elle continue à être exploitée au sein des ballets où elle compte souvent parmi les pièces du répertoire. » (Source : Mémoires de djembéfola, Essai sur le tambour djembé au Mali, Julien Comtet, L’Harmattan, 2012)