Le djembéfola

Par Julien-Comtet, 17 décembre 2012

« Chez les peuples d’ascendance mandingue, si la musique vocale est le plus souvent l’apanage des femmes, la musique instrumentale est généralement exécutée par les hommes, exception faite de certaines petites percussions telles que les tambours d’eau (djidounoun), les calebasses (guita), les hochets, les sistres et certains grattoirs (n’karignan). Le tambour djembé est donc un instrument exclusivement pratiqué par les hommes, tous n’étant pas capables d’en jouer : il faut en présenter l’envie et les aptitudes, puis l’apprendre sérieusement et le pratiquer très régulièrement, à l’instar de n’importe quel instrument de musique.

Auparavant, le djembéfola (litt. : « joueur de djembé », ndlr) exerçait toujours un autre métier en tant qu’activité principale, la pratique du tambour étant un simple plaisir, un passe-temps. On lui offrait des noix de kola pour l’inviter à jouer, puis on le récompensait en lui remettant un coq ou une calebasse remplie de mil, d’arachides ou de haricots, en fonction des moyens. Aujourd’hui, si l’argent liquide a remplacé les rémunérations en nature, le djembéfola du village fait toujours un autre travail en parallèle, tandis que celui des grandes villes réussit à vivre de son art, non sans difficulté pour certains, il est vrai…

Il faut également préciser que le djembéfola ne néglige pas le caractère mystique de son statut et les forces hostiles dont il peut être la cible au cours de ses représentations : autour des bras ou à l’intérieur de son tambour sont placés des objets censés le protéger contre la fatigue, la jalousie des autres batteurs et lui servir de support pour l’inspiration. » (Source : Mémoires de djembéfola, Essai sur le tambour djembé au Mali, Julien Comtet, L’Harmattan, 2012)

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