La notation rythmique

Par Julien-Comtet, 17 décembre 2012

« Il est important de préciser ici qu’il ne faut pas tenir compte de la longueur ou valeur des notes, le solfège rythmique et la notation choisis ayant pour but de situer la frappe dans le temps selon la pulsation. Ainsi une croche pointée, une noire ou une double croche peuvent avoir une durée de résonance égale, seulement limitée par l’échéance de la prochaine frappe ou la fin « naturelle » de cette résonance.

Il faut également souligner le fait que si les lignes de cloche propres à chaque polyrythmie constituent généralement des standards, elles ne sont pas toujours similaires d’une région à l’autre, voire d’un batteur à l’autre. On peut même entendre deux lignes de cloche différentes lors de l’exécution d’un seul rythme, la deuxième ligne étant une version « allégée » de la première afin d’en faciliter l’exécution lorsque le tempo devient vraiment rapide. Nous avons choisi d’indiquer sur les portées les parties de cloches les plus courantes.

Pour le djembé, la notation rythmique est représentée par des notes sur la portée ; ces notes ne correspondent pas à la hauteur indiquée mais à la nature de la frappe à exécuter :

 - Fa pour la basse.    Fa                                  

 

 SiSi pour la tonique.

 

Mi - Mi pour la claquée.

 

2 Si  – Deux Si groupés pour un fla tonique-tonique

 

  Fa et Si  – Fa et Si groupés pour un fla basse claquée

 

Pour le dounoun, la notation rythmique est également représentée par des notes sur la portée correspondant aux trois différentes frappes et au son de la cloche :

FaFa pour le son ouvert    

                              

Do  – Do pour le son fermé

 

do blanche  – Do grave en forme de « blanche » pour la basse jouée avec la main sur la peau opposée à celle qui est frappée avec la baguette (didadi dounoun et bari)

Fa croix - Fa en forme de croix pour le son de la cloche

 

Chaque rythme est caractérisé par une cellule rythmique qui s’inscrit dans un cycle de 2, 4 ou 8 temps, à l’exception du rythme korédouga dont le cycle est de 3 temps pour le djembéden et de 6 temps pour le dounoun.

Il y a deux qualités de pulsations différentes, à savoir la pulsation binaire et la pulsation ternaire. Pour le binaire, chaque temps est divisible en 2 croches (ou en 4 double-croches), le temps ternaire étant divisible en 3 croches. Certains rythmes tels que sogoninkou sont constitués d’un enchaînement de parties de pulsations différentes (binaire-ternaire-binaire-ternaire…) tandis que d’autres se déclinent en deux parties : à la première partie « lente » binaire succède une deuxième partie rapide ternaire (par ex. : sounou Bamako, dansa Bamako…).

Le nombre de temps par mesure et la pulsation de chaque rythme sont donc définis à gauche de la première portée : 4/4 signifie « 4 temps binaire », 12/8 signifie « quatre temps ternaire », 9/8 signifie « 3 temps ternaire »…

temps

La notation suivante qui s’appelle « barre de reprise », signifie que l’ensemble des notes contenues entre les barres sont à répéter en boucle :

barre de reprise

(Source : Mémoires de djembéfola,Essai sur le tambour djembé au Mali, Julien Comtet, L’Harmattan, 2012)

notation rythmique