Dounoumba

Par Julien-Comtet, 17 décembre 2012

Nom du rythme : Dounoumba

Région d’origine : Hamana (Haute-Guinée)

Dounoumba est le nom générique d’une famille de rythmes qui viennent du Hamana (région de Kouroussa en Haute-Guinée). Ils n’étaient à l’origine dansés que par les hommes et exécutés à l’occasion des « affrontements » opposant sur la piste de danse les représentants de deux classes d’âges successives. Afin de s’affranchir de la tutelle de leurs aînés appelés baratiguiw, le groupe des cadets appelés baramakonow convoquait ces derniers en leur faisant parvenir dix noix de kola. Ainsi était organisée la fête dounoumba à laquelle tous les villageois pouvaient assister.

Vêtus uniquement d’un pantalon bouffant et d’un bandeau autour du front, les danseurs effectuaient des circonvolutions en formant deux lignes respectives, chacun portant une hâche dans une main et un fouet dans l’autre. Puis à un moment donné, les deux groupes se faisaient face et se fouettaient mutuellement à tour de rôle jusqu’à ce que l’un des deux s’avoue vaincu, faisant ainsi étalage de leur bravoure et de leur résistance à la douleur. Aujourd’hui, le sang n’est plus versé à l’occasion des fêtes dounoumba ; l’une des plus réputées étant celle de la mare sacrée à Baro.

Parmi les nombreux rythmes de la « danse des hommes forts », on peut citer dounougbé (également appelé kon) qui est le plus ancien, ainsi que gbadani, démossoni kelen, konowoulen, sondé, bando, gbada, kouroussikolondounoun, donaba, n’fa kaba, balan sondé, kourabadon, bolokonondo, bandodjeli, nantalomba, takosaba ou takonani. Si la forme musicale et la ligne de kenkeni sont similaires d’un rythme à l’autre, les différents dounoumbaw se singularisent de par la chanson, les pas de danse et les cycles sangban-dounoumba. Ces derniers exécutent souvent de longues variations notamment sur les accélérations et ce sont eux qui mènent la danse, au détriment du djembé solo qui se contente ici de soutenir l’ensemble dans un style plus sobre qu’à l’accoutumée.

dounoumbe

Aujourd’hui, la danse dounoumba s’est démocratisée et peut être pratiquée à diverses occasions par les membres des deux sexes. Son succès a dépassé les frontières du Hamana puisqu’elle est fréquemment jouée sur l’ensemble du territoire guinéen (et en particulier à Conakry), mais également dans toute la sous-région, dans des formes plus ou moins proches de l’originale.