Le Djembé et ses origines

Par adama toure, 2 juin 2014

Le djembé est une percussion digitale qui fait partie de la famille des tambours. Son apparition est situé vers le 13ème siècle dans l’empire mandingue (territoire à cheval sur la Guinée et le Mali dont la capitale était Kangaba) sous le règne de Soundjata Keita. De nombreuses histoires racontent son apparition et toutes ont ce charme qui caractérise l’instrument, mais son origine reste encore bien trouble. Beaucoup l’attribue aux forgerons détenteurs de la fabrication des outils et des ustensiles usuels (cuillère, pilon, mortier..). On peut lire dans plusieurs récits de griots, d’ethnomusicologue, d’écrivain africains… de nombreux passages parlant de tambours recouvert de peaux (des fois même nommé jebe, jebedeni…); ce qui est sur, c’est que son évolution c’est faite à travers le temps et que le tout premier djembé avais une facture plus rudimentaire.

Le djembé est un instrument populaire, voir religieux dans certains cas, certains griots l’utilise (sans en avoir l’utilité exclusive) et de nombreux rythmes qui lui appartiennent maintenant étaient à la base joués sans djembé.

 

Les origines

 

« Tambour du pays mandingue, le djembé a pour origine une région située de part et d’autre de la frontière qui sépare le Mali de la Guinée Conakry. Les ethnies qui pratiquent cet instrument depuis le plus longtemps sont les Malinké (auxquels on attribue généralement la paternité de ce tambour), les Wassoulounké, les « Bamanan du sud » et les Soninké. Les Khassonké et les Bamanan du Kharta, ainsi que d’autres groupes ethniques du Mali ou des pays avoisinants l’ont vraisemblablement adopté ultérieurement, à des époques plus ou moins reculées, certains d’entre eux ne le jouant que depuis quelques décennies. D’après la plupart des percussionnistes, l’apparition du djembé ne semble pas remonter au-delà du XVIIème, voire du XVIème siècle, bien que d’autres la situent autour du XIIIème sciècle.

Le nom de l’instrument est une déformation du mot dimmé qui signifie « tambour » en langue soninké. Par ailleurs, le tambour djembé était autrefois appelé « djimbé » et ce, jusque dans les années soixante dix.

Selon la légende, le premier djembé aurait été un mortier usagé sur lequel on aurait eu l’idée de tendre une peau… On peut effectivement avancer l’hypothèse selon laquelle le tambour djembé serait une évolution des tambours-mortiers utilisés à l’époque de l’empire du Wagadou que l’on retrouve aujourd’hui sous la forme du solidounoun bamanan et autres petits tambours-mortiers frappés avec les mains.

Il aurait été au début l’apanage des seuls forgerons qui ne le jouaient qu’à l’occasion de la fonte du minerai de fer. Il était alors plus petit et se jouait avec les deux index de manière discrète. Par la suite, sa pratique se démocratisa et n’importe quel individu (de la gent masculine) put en jouer, qu’il soit agriculteur, griot ou forgeron, mais c’était toujours le forgeron qui le sculptait. […]

Avant de devenir l’instrument soliste éclatant que l’on connaît aujourd’hui, le djembé fut donc dans un deuxième temps un instrument d’accompagnement ; il servait effectivement à soutenir le chant et la danse au même titre que les autres instruments, tels que variablement le bala, le n’tama, le dounoun ou le djidounoun. »(Source : Mémoires de djembéfolaEssai sur le tambour djembé au Mali, Julien Comtet, L’Harmattan, 2012)

 vieux-djembe

Place dans la vie

 

Le djembé était joué, à l’origine, pour accompagner des faits sociaux de la vie courante et des cérémonies initiatiques, comme les fêtes de Komo (Fétiche). Chaque rythme est adapté à la situation et certains, de par leurs caractères sacrés, ne sont joués qu’une fois l’an. On ne joueras jamais un rythme de récolte dans un mariage. Chaque groupe ethnique posséde aussi ses rythmes propres. Nous pouvons d’ailleur observer des différences sur un même rythme, selon la région dans laquelle il est joué. Il existe ainsi plusieurs rythme portant le même nom, tel que Kassa (rythme pour accompagner le travail des champs). Mais le djembé à surtout un rôle d’accompagnateur. Il est presque indissociable de la danse dont les phrases du soliste marquent les pas. Ainsi, le djembé est présent dans de nombreuses manifestations, lors des fêtes et danses traditionnelles : baptêmes, circoncisions, fiançailles, mariages, funérailles (dans certains cas bien particulier), assemblées, fêtes de masques ou fétiches, fêtes de ramadan, fêtes de tabaski, fêtes agricoles (labours, semailles, récoltes, pêches), …

L’évolution

 

De nos jours le djembé est sorti de son contexte traditionnel et différents styles de jeu ce sont dévellopés. Les ballets, de par leurs spécificités, on fait évoluer le jeu vers une rapidité et une dextérité accrut. La tension même, et donc le son, de l’instrument ont changé. La musique, comme la tradition, sont en perpétuelle évolution, et malgré son enracinement dans la tradition, le djembé est incontestablement tourné vers l’avenir.

djembe histoire des instruments