Djeli foli

Par Julien-Comtet, 17 décembre 2012

Nom du rythme : Djeli foli

Région d’origine : Pays malinké & Khasso

« Les djeliw ou griots sont des nyamakalaw (gens de caste). Musiciens et conteurs, généalogistes et historiens, ils sont dépositaires de la « parole malinké » et du sens poétique. Il leur revient d’évoquer l’épopée des anciens à l’aide de maximes et de récits souvent rythmés par un accompagnement musical. […]

Aujourd’hui, même si le statut des djeliw a un peu changé […], il n’est pas de fête qui ne se déroule sans la présence d’un(e) (ou plusieurs) griot(te) qui flatte l’assistance par le biais de louanges déclamées ou chantées.

Djeli foli (litt. : « la musique des griots ») est un ensemble de musiques pour lesquelles on utilise variablement le djeli bala, le djeli n’goni, le n’tama, la kora, le dounoun ou le djembé (et aujourd’hui la guitare, le synthétiseur ou la batterie), en fonction de la circonstance et de la région dans laquelle on se trouve. Les chants ou déclamations épiques sont le plus souvent accompagnés par les instruments à corde, tandis que les chants de louanges peuvent être soutenus par les cordes ou les percussions, à savoir le dounoun, le djembé, le n’tama et éventuellement le bala. Dans ce dernier cas de figure, chaque morceau est généralement partagé en deux parties : la première partie est lente et soutient le chant qui consiste en de puissantes et raffinées mélodies ; la seconde partie est plus courte, plus rapide et elle accompagne la danse des griots (djeli don). […]

Certains djelifoliw portent un nom spécifique qui peut varier d’une région à l’autre. On peut citer par exemple sandia (ou lamban), takosaba, ladji (ou kalléw, ou yéhé), djandjo, allahtala, takritan, sambaya, sandagoundo, kouyaté foli, etc. (ces différentes appellations sont celles des Malinké, des Khassonké ou des Bamakois).

Parmi ces derniers, on peut souligner l’importance des deux rythmes que l’on appelle takosaba et sandia à Bamako. […] La controverse est rude quant à l’origine du sandia, certains affirmant qu’il vient de Kita (hypothèse la plus vraisemblable), d’autres soutenant qu’il vient du cœur du Mandé, de Kéniéba ou encore de Kayes où il est appelé lamban… Sa popularité a dépassé les frontières puisque le rythme se retrouve dans les pays voisins. […]

Certaines villes telles que Kita, Kayes, Bamako ou le village de Kéla, sont considérées comme les hauts lieux de la djeliya et on peut y entendre d’excellents djeli foliw. » (Source : Mémoires de djembéfola, Essai sur le tambour djembé au Mali, Julien Comtet, L’Harmattan, 2012)