Dansa

Par Julien-Comtet, 6 mai 2014

Nom du rythme : Dansa

Région d’origine : Khasso

Dansa (version moderne) :

Dansa

« Dansa est sans aucun doute la danse la plus populaire du Khasso. On l’organise à l’occasion des grandes fêtes annuelles, des mariages ou parfois pour le simple divertissement. Le dansa est reconnu comme étant la spécialité des femmes du Logo, l’une des différentes régions qui constituent le Khasso et dont le chef lieu est Kakoulou.

Contrairement à d’autres régions, il n’y a pas de djembé dans le Logo. Le dansa y est donc joué avec les djelidounoungo qui sont au nombre de deux ou trois (parfois quatre), les trois tan tan (le gros et les deux petits) et le n’tamo.

La musique commence avec le chant à un tempo très modéré qui augmente progressivement pour atteindre sa « vitesse de croisière », portant ainsi l’ambiance à son paroxysme. […]

Les différentes classes d’âge alternent sur la piste : ce sont les fillettes qui commencent, suivies des jeunes filles puis des femmes et ainsi de suite. Elles interviennent seules, à deux ou à plusieurs, faisant ainsi preuve de leurs qualités de danseuses dans un style caractéristique. Certaines évoluent avec un fusil à la main ou un bâton symbolisant cette arme, ou encore avec un pilon. […] Un seul morceau peut durer plus d’une demi-heure tellement les pas du dansa sont nombreux. […]

Aujourd’hui, on joue très souvent le djaoura en guise d’introduction du dansa afin de soutenir les nombreux chants du djaoura. Ce rythme est un morceau à part entière qui n’est pas rattaché au dansa dans d’autres régions du Khasso.

Notons par ailleurs que la popularité du dansa a dépassé les frontières du Khasso pour devenir l’un des rythmes les plus joués à Bamako, tant au niveau des mariages que des ballets. Il comporte alors une première partie qui correspond au dansa kayésien, et une partie rapide qui est une forme hybride entre le  dansa  et le djelifoli « sandagoundo » (rythme de la caste des griots). On le retrouve aussi dans d’autres régions du sud ouest malien ainsi que dans d’autres pays tels que le Sénégal, la Guinée, le Burkina et la Côte d’Ivoire, où il est généralement appelé « djansa » et ressemble au dansa rapide de Bamako. » (Source : Mémoires de djembéfola, Essai sur le tambour djembé au Mali, Julien Comtet, L’Harmattan, 2012)