Fadouba Oulare

Par Nicolas Maestracci, 9 juillet 2012

oulareFadouba Oularé est né entre 1930 et 1935 dans la région de Faranah en Haute-Guinée. Le président Sékou Touré le recrute comme premier soliste et chef-tambour à la création des Ballets Africains en 1959. Il est appelé à cette même place dans le Ballet de l’Armée créé par Fodéba Keita. Après des années de tournées pendant les quelles il forme de nombreux batteurs, il retourne vivre à Faranah cultiver les champs familiaux et animer les manifestations festives ou religieuses de la région.

Fadouba est incontestablement un des grands aînés dans la tradition du djembé malinké et du ballet. Avec lui, le tambour «parlé» expérimente une «parole ancienne» utilisant une grande variété de touchers (dont un jeu de basse fondamental) avec une virtuosité et une vitalité encore intactes.

S’il excelle dans toute l’étendue du répertoire malinké, ce maître est néanmoins considéré comme spécialiste de certains «rythmes de masques» ou «fétiches», comme le Kawa et Soleoulen propres au Sankaran (région de Faranah peuplée par les Malinké-Kulanko). Malheureusement, les témoignages sonores de son art sont encore trop rares. On peut l’entendre sur deux plages du disque de Mamady Keita, «Mögöbalu», et dans un enregistrement amateur diffusé en Allemagne. Aujourd’hui, le meilleur moyen de le découvrir reste encore de lui rendre visite dans sa concession à Faranah où il accueille et dispense volontiers son enseignement.

Eric Genevois